« Tureaux et châteaux », le 25 oct. 2020, à St-Gérand-le-Puy (54 photos)

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Un circuit de 20 km en plaine pour découvrir le paysage caractéristique de ce secteur sud-est de la Forterre, ponctué de tureaux*, et le riche patrimoine bâti qui s’y est établi au fil du temps. Nous sommes 9 au départ de St-Gérand, par un temps gris et doux, typiquement automnal.

  • : Les tureaux sont de petites collines, buttes-témoins d’un temps (env. 1 milliard d’années avant notre ère) où régnait là une mer chaude et peu profonde dans laquelle se développèrent des cyanobactéries qui ont (pour faire simple) fixé le calcium dissous dans l’eau (pour s’en faire, par couches successives bourgeonnantes, une sorte de support globuleux : un stromatolithe) en libérant de grandes quantités d’oxygène et d’ozone qui ont contribué au développement de la vie sous des formes (de plus en…) plus évoluées. Certains de ces tureaux sont transformés en carrières où la cimenterie Vicat de Billy puise sa matière première.
Au tout début de notre parcours se trouve le lavoir de St-Gérand-le-Puy. C’est un étonnant bâtiment circulaire de forme dodécagonale (12 côtés) dont le toit est ouvert en son milieu pour former un entonnoir, l’impluvium, qui renvoie une partie de l’eau de pluie dans le bassin de lavage -par ailleurs alimenté en continu par une source- et éclairer l’espace de travail. Cette forme a l’avantage d’être un bâtiment en partie fermé et qui abrite donc du vent et du froid les personnes qui y travaillaient. Les lavoirs de forme circulaire sont peu nombreux en France et à proximité (tout juste 3 km) il y a celui de Boucé. Celui de St-Gérand comporte 3 portes d’entrée et 3 âtres où l’on pouvaient chauffer des marmites d’eaux pour laver le linge à chaud.
Entièrement rénové en 2010 alors qu’il était en ruine, le lavoir a retrouvé, à l’intérieur comme à l’extérieur, un très bel aspect. Près du bassin deux mannequins en costume d’époque et en position de travail ont été disposés afin de nous donner une petite idée de la vie qui régnait là autrefois, sans doute souvent avec bien plus de lavandières et donc d’agitation.
Juste à côté du lavoir se trouve un objet caractéristique de la région : un STROMATOLITHE !
Ceci est le reste du développement concentrique d’une colonie de cyanobactéries qui vivaient dans la mer chaude et peu profonde qui régnait là, voilà environ 1 milliard d’années.
Cassé dans sa partie supérieure, ce stromatolithe révèle une extraordinaire structure interne qui rappelle étrangement le modèle rythmique (cf la suite de Fibonaci, par ex.) de développement de certains végétaux.
À l’ouest en contrebas de Saint-Gérand, nous voyons ensuite le château de Saint-Etienne.
Un peu plus loin, près de la N7, le petit château des Payratons.
En approchant de Poncenat, une ligne de vieux saules montre la capacité de ces arbres à continuer à pousser malgré un tronc ravagé par l’âge et des tailles répétitives : la partie périphérique continue à conduire la sève et l’arbre produit inlassablement de nouvelles branches.
Le domaine des Prats, près du ruisseau de Poncenat.
Côté ruisseau, un joli petit édifice.
Entre le château de Poncenat et son moulin, un bief de 800 m, assez large, assurait une alimentation constante en énergie.
Sur le côté du chemin, adossés au relief, d’anciens fours à chaux, malheureusement peu visibles du fait de la végétation envahissante. Le sous-sol des tureaux, ces petites buttes qui jalonnent le paysage environnant, est fait de roche calcaire facile à extraire et qui fit depuis longtemps l’objet d’une exploitation.
Sur l’arrière du château de Poncenat, parmi les communs, un pigeonnier-porche.
L’entrée du château de Poncenat (XIVe siècle ?), située du côté nord.
Le château de Poncenat exploite le faible relief en reposant sur une plate-forme tenue côté sud par de hauts murs en forme de fortification défensive.
Plus loin, l’ancienne église romane de Ciernat, devenue demeure privée et que l’on ne visite pas.
À l’entrée ouest de Montaigu-le-Blin, au lieu-dit la Sabotière, un château du XIXe siècle, à façade néogothique, ouvert sur un large parc. Au premier plan à gauche, l’un de ses pigeonniers.
Dans Montaigu-le-Blin, l’église Notre Dame, et son clocher à peigne à trois arcs en plein cintre, avec une seule cloche depuis bien longtemps, dans la baie centrale.
Nous visitons l’église…
Dans Montaigu-le-Blin, de belles propriétés sont séparées par de hauts murs entre lesquels passent rues et chemins.
La grande place arborée, au centre du village, lui donne beaucoup de charme, particulièrement en automne.
Le château de la Boulaize, construit au XIXe siècle et entouré d’un beau parc, est ouvert sur la place centrale de Montaigu.
Sur le côté de la place, près de la mairie, un joli petit édicule abrite des toilettes.
Et sur le côté de ce petit bâtiment, un plan du village, présenté façon parchemin.
Le château féodal de Montaigu avec, au premier-plan, la demeure construite au XIXe siècle dans le style néogothique, par la famille Mabru.
Nous traversons les abords de la place pour aller trouver, par une allée enherbée, le chemin qui monte au château féodal.
Nous montons vers l’entrée du château féodal et voici la vue que nous avons de place et de la mairie.
Le château féodal. On peut le visiter en été ou sur RV. Voici ce que l’on peut en lire en bref (Wikipédia et autres) : Château de Montaigu-le-Blin, racheté fin XIXe siècle par quatre familles de Montaigu, afin d’éviter son démantèlement pour récupérer les pierres. Il a été classé monument historique le 14 avril 19268. Dans les années suivant le rachat, différents travaux de consolidations ont été effectués par les propriétaires dont la réfection de la toiture du logis des de Chabannes.
Nous atteignons ensuite, côté nord-est du village, l’ancien lavoir avec une forme particulière en U ouvert vers le sud et qui était équipé de 2 cheminées.
C’est là que nous faisons notre arrêt pique-nique.
Près du lavoir, une plaque de lave émaillée détaille les lieux et édifices intéressants du village.
Les bovins sont intéressés par le passage de notre groupe et le taureau fera nous fera brièvement une démonstration de son intérêt pour cette vache.
Nous repartons dans la campagne entourant Montaigu…
Le secteur est un pays d’élevage de toutes sortes.
Une ancienne auge monolithe en grès et son puits d’alimentation.
Cette croix rustique, taillée dans la pierre calcaire d’un stromatolithe, daterait de l’époque celtique. Elle est située au bord d’une ancienne voie romaine, près du lieu-dit Presles.
C’est alors que nous progressions sur la voie romaine que la pluie est arrivée… Nous marchons alors  »plein ouest »
et faisons donc face au vent assez fort qui porte la pluie vers nous…
A l’entrée nord de St-Gérand, dans le secteur de Pion (d’après la carte) un ancien four à pain a été entièrement rénové…
À l’intérieur, on peut voir une chose intéressante car elle n’existe pas, je crois, sur tous les fours à pain : la hotte est au-dessus de la porte d’entrée du four, et non à l’intérieur du four. Ce four, remis en parfait état de fonctionnement, est encore utilisé occasionnellement lors de certaines fêtes.
Il n’y a désormais presque plus aucun commerce (mais il reste 2 épiceries, un bureau postal, une pâtisserie et une pharmacie) à St-Gérand, alors que ce fut un bourg florissant et plein de boutiques de toutes sortes, répondant à tous les besoins d’achat de ses habitants. Mais avec la voiture, les temps ont bien changé, à l’avantage des commerces de grande surface situés à la périphérie des villes.
Ici l’on voit la devanture vieillie de ce qui fut une prospère boutique d’équipements électriques.
La place centrale de St-Gérand est, quant à elle, le théâtre d’un vaste chantier dû à la construction d’une maison médicale. À l’époque où les médecins généralistes sont difficiles à trouver dans les territoires (comme l’on nomme poliment le monde rural) souhaitons-leur Bonne chance !
Maison du XVIe siècle, rue du Maréchal Foch.
Dans l’angle d’un mur, une petite porte… derrière, un puits assez étroit mais qui devait suffire pour puiser l’eau potable du voisinage, le village n’ayant pas de fontaine à proximité.
Prenant le temps de quelques détours avant l’arrivée, nous visitons St-Gérand… jusqu’à passer dans de vieilles ruelles non goudronnées.
Une belle croix en pierre volcanique près de l’entrée du parc du château.
Nous tournons autour de l’église Saint-Julien qui n’était à l’origine (XIe, XIIe siècles) que la chapelle du château.
L’église St-Julien vue par le côté ouest, où se trouve forcément le porche d’entrée.
En contrebas, dans le jardin du château, fermé au public, une chapelle peu entretenue.
D’ailleurs, sur une porte d’accès à ce parc, l’avertissement est clair.
Oh, les curieux ! Nous regardons par-dessus le mur qui surplombe la chapelle…

Et voilà, fin de ce parcours-découverte…

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